DiPLab PhD researcher Thomas Le Bonniec, who previously worked as a data analyst at one of Apple’s Irish subcontractors, played a crucial role in exposing how Apple’s voice assistant Siri collected and processed user data without explicit consent. Le Bonniec revealed in 2019 that teams of workers were tasked with transcribing and analyzing private conversations captured by Apple devices.
His testimony, which detailed how workers processed sensitive personal data including political opinions, union membership, and health information, contributed to a class action lawsuit that Apple has now agreed to settle for $95 million. While Apple continues to deny any wrongdoing, the settlement requires the company to confirm deletion of collected recordings and provide users with clearer data collection choices.
Speaking to French newspaper L’Humanité, Le Bonniec emphasizes that similar practices likely continue across the European Union, where users could be entitled to significant compensation. “Given that all Apple users in the EU are affected, the fine should be in the billions,” he notes, highlighting how tech companies often face stricter penalties for competition violations than for privacy breaches.
This case underscores DiPLab’s ongoing research into the hidden human labor behind AI systems, revealing how “automated” voice assistants rely on extensive networks of workers processing personal data. At DiPLab, Le Bonniec’s research focuses on the privacy implications of digital labor and the role that regulators should play in addressing these issues.
[Note: The original article was published in L’Humanité]
Ecoutes de ses utilisateurs : Apple signe un accord de 95 millions mais ne reconnaît pas ses torts
Pierric Marissal
Apple a accepté de payer 95 millions de dollars pour solder une action collective en justice de ses utilisateurs qui l’accusaient d’avoir enregistré et écouté des conversations à leur insu.
Apple ne reconnaît pas ses torts, mais accepte de payer… Il est en effet précisé dans l’accord signé mardi qu’« Apple a toujours nié et continuer de nier tout acte répréhensible et toute responsabilité présumés ». Pourtant, le constructeur propose de verser 95 millions de dollars à ses utilisateurs étasuniens qui l’accusent de les avoir écoutés sans leur autorisation. Il suffisait de dire « Hey Siri » pour que l’enregistrement s’active.
Thomas Le Bonniec, qui avait témoigné dans nos colonnes, a travaillé en Irlande pour l’un des sous-traitants d’Apple, qui récupéraient les fichiers audio. « Je devais m’assurer que la transcription de leurs conversations était correcte, la corriger si besoin. Passé cette première étape de nettoyage, d’autres collègues se chargeaient de regarder le reste des données disponibles dans l’appareil, comme les contacts, la localisation, la musique, les films, d’étiqueter des mots-clés, des lieux, des noms… et tout ce que le règlement général de protection des données définit comme des données sensibles – appartenance syndicale, opinions politiques, données de santé » nous racontait-il.
Un millième des profits annuels d’Apple
Le jeune Français, comme d’autres a parlé à la presse en 2019, preuves à l’appui, enclenchant ce recours collectif. L’accord conclu mardi, s’il est validé par la justice, exige que l’entreprise confirme qu’elle a bien supprimé les enregistrements recueillis et qu’elle explique aux utilisateurs leurs choix en termes de stockage de données collectées par Siri, s’ils acceptent d’être enregistrés. Mais ce marché se révèle être à l’avantage d’Apple : sans condamnation, le groupe peut continuer à éhontément nier les faits malgré les preuves, et ces 95 millions de dollars ne représentent que quelques heures de bénéfices – Apple a réalisé près de 94 milliards de profits nets l’an dernier.
Les plaignants, estimés à plus de 10 millions, devraient recevoir 20 dollars par terminaux (iPhone, Apple Watch…) qui les a espionnés. Ceux qui sont contents, sont en revanche leurs avocats, qui récupèrent près de 30 millions de dollars d’honoraires, selon Reuters. “Cet accord de principe acte la reconnaissance de culpabilité de la part d’Apple. Ayant procédé de la même manière en Union Européenne, il serait plus que temps que les agences de protection des données européennes sanctionnent Apple”, estime Thomas Le Bonniec. “Étant donné que tous les utilisateurs d’Apple en UE sont concernés, l’amende devrait se chiffrer en milliards. Et les usagers affectés sont en mesure de demander des compensations financières,” poursuit-il.
En Europe comme aux États-Unis, les multinationales risquent bien plus pour des entorses à la libre-concurrence, que pour espionner leurs utilisateurs à échelle industrielle. « Le discours d’Apple, qui prétend être le chevalier blanc de la vie privée contre le méchant Facebook, relève du pur marketing », explique le lanceur d’alerte. « Apple organise une surveillance généralisée » : Thomas Le Bonniec raconte de l’intérieur l’opération Crowd Collect
Une autre action en justice de ce genre est en cours contre Google et son assistant vocal. En 2023, c’est Amazon (Alexa) qui avait accepté de payer plus de 30 millions de dollars à l’agence américaine de protection des consommateurs (FTC) pour des faits similaires. Mise à jour le 6 janvier avec la réaction d’Apple : “Siri a été conçu dès le début pour protéger la confidentialité des utilisateurs. Les données Siri n’ont jamais été utilisées pour créer des profils marketing et n’ont jamais été vendues à qui que ce soit à quelque fin que ce soit. Apple a réglé cette affaire pour éviter des litiges supplémentaires et afin d’aller de l’avant, alors que nous avions déjà traité les préoccupations concernant la notation par des tiers en 2019. Nous utilisons les données Siri pour améliorer Siri, et nous développons constamment des technologies pour rendre Siri encore plus privé.”